Rompre un contrat de travail à durée déterminée
avant le terme prévu soulève nécessairement des questions
sur le bien-fondé du motif de la rupture et la procédure
à mettre en œuvre. Elémentaire, non ?
En ce qui concerne le motif de la rupture anticipée :
- Oublions l’improbable cas de force majeure quasiment inexistant,
ainsi que la rupture d’un commun accord, jugée trop suspecte et
la faute grave devient la seule cause justifiant une telle rupture
sur l’initiative de l’employeur (L 122-3-8 C.Tr.) : il doit s’agir d’une
ou plusieurs violations des obligations nées du contrat ou des relations
de travail, d’une importance telle qu’elle rend impossible le maintien
du salarié dans l’entreprise jusqu’à la fin de son contrat.
L’impossibilité de reclassement en cas d’inaptitude physique consécutive
à un accident du travail ou à une maladie professionnelle
constitue également un motif de rupture anticipée (L 122-32-9).
Mais d’autres motifs aussi légitimes que des difficultés
économiques ou le refus de signer un avenant au contrat, voire l’inaptitude
physique résultant d’une maladie non professionnelle, ouvriraient
droit au profit du salarié à des dommages-intérêts,
correspondant au minimum à la rémunération brute qu’il
aurait perçue jusqu’à l’échéance de son contrat…
- S’agissant de la procédure à suivre :
Sous peine de devoir verser des dommages-intérêts en réparation
du préjudice (forcément) subi par le salarié, l’employeur
qui envisage la rupture anticipée du C.D.D. pour faute grave doit
observer la procédure disciplinaire (L 122-41) : convocation
à entretien préalable, éventuellement assortie d’une
mise à pied à titre conservatoire, puis notification de la
rupture, au moins un jour franc et pas plus d’un mois après la date
fixée pour l’entretien. Dans une entreprise sans représentants
du personnel, il n’y a cependant pas lieu de prévoir la faculté
pour le salarié de se faire assister par un conseiller extérieur
lors de l’entretien et le délai entre la convocation et l’entretien
peut être inférieur à 5 jours ouvrables. Toutefois,
la rupture serait jugée abusive, à défaut de grief
énoncé dans la lettre de rupture. Parfois, l’employeur
doit impérativement saisir le juge pour obtenir la résiliation
anticipée : ainsi, en cas d’inaptitude après un accident
du travail ou de contrat d’apprentissage à l’issue de la période
d’essai.