En cette période estivale, je vous propose de lire ces quelques lignes, qui pourraient être attribuées à un spécialiste en gestion des ressources humaines :
« Il n’est pas bon que les supérieurs qui ont
des officiers sous eux veuillent trop mettre la main dans leurs affaires,
traitant les personnes comme des instruments par qui ils s’exécutent.
(…)
Plus les supérieurs subordonnés verront qu’on leur
témoigne de confiance et qu’ils sont traités avec égards,
plus aussi, afin de ne pas se laisser vaincre en bons procédés,
se porteront-ils volontiers à entrer dans les vues de leurs supérieurs
majeurs et s’appliqueront-ils avec ardeur à s’acquitter de leur
emploi. Quand quelqu’un en effet est spécialement chargé
d’une affaire, il veille avec plus de sollicitude à sa réussite,
il juge mieux de ce qui convient pour cela et il reçoit du Ciel
un secours approprié à cette fin.
Mais si les pouvoirs et l’autorité sont trop étroitement
limités par les supérieurs et si ceux-ci prennent en main
ce que leurs inférieurs ont en charge, cette défiance est
odieuse, puis le zèle se relâche aussitôt comme pour
des affaires qui vous sont étrangères ; enfin le secours
particulier de la divine grâce est perdu.
De plus, pour bien traiter une affaire, il faut nécessairement
le pouvoir et la compétence. Or, la compétence appartient
en général à celui qui a la charge de traiter l’affaire,
l’ayant continuellement sous les yeux. Si l’on diminue son pouvoir et si
le supérieur lui-même, étant mal au courant de l’affaire,
s’immisce dans les tractations, le pouvoir est séparé de
la compétence avec de très grands inconvénients. De
là, dans toute société, soupçons, discordes,
querelles, quand les chefs ne se contentent pas de leur charge et entrent
dans la charge des ordres. Tout l’ordre est détruit par cette confusion. »
Certains s’interrogeront sur l’efficacité du secours de la protection
divine invoquée dans cette belle leçon de management. Mais
il est vrai que son auteur n’est autre que Saint Ignace de Loyola...