Afin d’écarter une appréciation discrétionnaire
des motifs de licenciement, la Cour de Cassation exige que la lettre notifiant
la rupture énonce des faits objectifs et matériellement vérifiables.
Dans cette logique, le fait d’invoquer à l’appui d’un licenciement,
la seule insuffisance de résultats ou une perte de confiance expose
désormais l’employeur à une condamnation à des dommages-intérêts
pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
C’est ainsi qu’il a été jugé que :
« L'insuffisance de résultats ne peut constituer
en soi une cause de licenciement. Il appartient au juge de rechercher si
les mauvais résultats d'un salarié procèdent soit
d'une insuffisance professionnelle, soit d'une faute imputable au salarié »
: le licenciement du directeur d’une agence, dont la marge a régressé
par rapport à l’année précédente, alors que
dans le même temps, la société, toutes agences confondues,
a accru sa marge, ne saurait donc être justifié par la seule
faiblesse de ses résultats, indépendamment d’un motif inhérent
à sa personne (Cass. soc. 3 avril 2001, n° 1542, Grandemange
c/SA Point provence comasud) . Mais si l'insuffisance de résultats
reprochée au salarié était due à une
conjoncture difficile, le licenciement serait sans cause réelle
et sérieuse (Cass. soc. 4 avril 2001, n° 1574, SA Item informatique
c/ Larrat).
« La perte de confiance de l'employeur ne peut jamais constituer
en tant que telle une cause de licenciement même quand elle repose
sur des éléments objectifs ; seuls ces éléments
objectifs peuvent, le cas échéant, constituer une cause de
licenciement, mais non la perte de confiance qui a pu en résulter »
: si les anomalies de gestion reprochées à un cadre ne semblent
pas suffisamment sérieuses pour justifier un licenciement, cette
rupture est donc dépourvue de cause réelle et sérieuse
(Cass. soc. 29 mai 2001, n° 2435, SA Dubois couverture c/ Cardon).
En conséquence, il importe de mentionner dans la lettre de licenciement
les circonstances précises, dont l’insuffisance de résultat
ou la perte de confiance, ne sont en réalité qu’une conséquence.